Presse - 2009 - Juin - Blackbook

Marion Cotillard

Bonjour ! Marion Cotillard

Marion Cotillard passe un moment à New York. Le nouveau visage du cinéma Français, qui a ramené à la maison un trésor de statues venant des 4 coins du monde, pour son rôle mémorable d'Edith Piad dans le film de 2007 'La Môme', met de la crème au fromage sur la moitié d'un bagel pedant qu'elle se prépare pour une journée de shoot pour la couverture. Voilà la profusion de salade organique, de légumes frais et d'eau chaude avec du citron qu'elle a demandés.

La veille au soir, Cotillard était, lunettes tintées, avec une liste de stars de la mode, de stars d'Hollywood et du gratin musical à la plus fabuleuse nuit au monde de la mode américaine, le 'Metropolitan Museum of Art Costume Ball', animé par Anna Wintour, Marc Jacobs, Justin Timberlake et Kate Moss. Son escorte ? Personne d'autre que John Galliano, puisqu'elle est le nouveau visage de Dior. La nuit de Cotillard s'est étendue jusqu'aux premières heures du matin, s'insinuant dans la chambre d'hôtel de Kate Moss, au Gramercy Park Hotel.

S'il semble qu'elle mène la grande vie, elle l'a certainement mérité. Mais elle garde aussi les pieds bien ancrés sur terre. Vous ne devineriez jamais qu'elle est sortie toute la nuit devant son attitude plaisante, polie et prête au travail. En conversation le jour suivant au Bowery Hotel, alors que le gotha chic prend ses cocktails de la happy-hour sur les tables du côté, Cotillard, entourée dans un cashemire gris qui fait ressortir ses yeux bleu-gris, sirote de l'eau dans une cabine intérieure, et semble à l'aise à discuter. Le battage médiatique qui l'encercle ? Elle peut faire avec. Ce n'est pas comme si ca allait s'arreter.

Elle est à un croisement des chemins maintenant, montant rapidement d'actrice estimée à star internationale. Sa première apparence sur grand écran après son Oscar en 2008 pour 'La Môme' arrive via le blockbuster de l'été de Michael Mann, 'Public Enemies', avec Johnny Depp en gangster de Chicago dans les années 1930. Dans le rôle de la fiancée de Dillinger, Billie Frechette, Cotillard délivre une autre performance détonnante. Après ça, elle joue face à Daniel Day-Lewis avec un casting avec de nombreuses vedettes, dont Penélope Cruz, Kate Hudson et Fergie (oui, oui, vous avez bien lu) dans le film de Rob Marshall 'Nine'. Et si une preuve supplémentaire de sa célébrité montant en flèche était nécessaire, elle est récemment entrée dans le casting du réalisateur de 'The Dark Knight', Christopher Nolan, pour jouer la femme de Leonardo DiCaprio dans 'Inception'.

Alors qu'elle avait de petits rôles dans quelques films américains, comme le peu mémorable 'Big Fish' de Tim Burton en 2003, et face à Russel Crowe dans 'Une grande Année' (2006), Cotillard, 33 ans, était déjà sur les bords du statut de superstar à la maison, où les tabloïds français font souvent référence à elle et son partenaire, l'acteur et réalisateur Guillaume Canet, avec qui elle vit, comme les Français “Brangelina”. Elle est apparue dans plus de 25 films avant 'La Môme' d'Olivier Dahan, et a déjà un César dans ses bagages, pour une performance particulièrement puissante dans 'Un long dimanche de fiançailles' (2004), aux côtés d'Audrey Tautou.

Elle vient d'une famille d'artistes, ses partents sont tous les deux acteurs (son père est réalisateur, et un ancien mime) et ses deux jeunes frères jumeaux gagnent leur vie en tant que sculpteur et écrivain. Elle a grandi à Orléans, entourée par une ambiance fertile de créativité, elle dit quand même avoir été torturée intérieurement. Peut-être qu'une part d'elle est toujours en train de travailler sur ces démons. Dire que Cotillard est tiraillée par des parties puissantes est en-dessous de la vérité. Son engagement pour le rôle d'Edith Piaf la montrait complètement transformée dans le génie torturé de la chanteuse Française, quand elle est montée des débuts décousus aux toits de la célébrité, et puis, rongée par ses peurs, les insécurités et les médicaments, quand elle succombe inévitablement à un cancer à 47ans.

Pour le réalisateur Michael Mann, être témoin de sa performance a été une révélation. “Quand vous voyez ce type de travail, vous le reconnaissez pour ce qu'il est : c'est une brillante, brillante artiste." dit-il. "Mais dans le plus petit geste ou expression vous pouvez dire qu'il y a une véritable vérité dans ce qu'elle fait : elle est complétement engagée dans chaque moment. Ce n'est pas un rôle, ce n'est pas un artifice. C'est au-delà de l'adresse."

Il a pris tous les avantages de cette conviction. Cotillard a encore repoussé ses limites dans 'Public Ennemies', qui sort le 1er juillet. Comme Billie, meurtrie par son interrogatoire de 24heures avec les agents du FBI, elle est restée sans sommeil, ensanglantée et avec une robe sale. Cette scène est juste une sorte de challenge qui enflamme Cotillard : "Je suis totalement consciente que c'est bizarre de trouver du plaisir dans cet état d'émotion dans la violence mais..." dit-elle en riant "j'aime ça !".

Cotillard n'a pas pris les chemins faciles dans Public Enemies. Dans les mains de la moindre actrice, nous aurions été noyés dans un océan de sanglots, ou assourdis par une panne théâtrale. Dans sa scène finale, Cotillard laisse filer une discrète larme, l'émotion transmise par ses yeux raconte toute l'histoire.

Mon coeur bat toujours aussi fort. Je reviens juste d'une projection de 'Public Ennemies'.

Vous l'avez aimé ? Je l'ai vu hier. Je suis très contente.

J'ai été très emballé par John Dillinger et par votre personange. Qu'est-ce qui vous a interpellé pour jouer Billie Frechette ?

Elle est un vrai produit de cette dure période de l'histoire Américaine. Avec la Depression, tous ses gens étaient étranglés pour vivre. Billie n'a pas d'argent, et elle vient d'une tribue indienne, ce qui, à l'époque, n'était pas facile. A l'époque où elle va à Chicago et rencontre Dillinger, elle a déjà vécu plusieurs vies, elle a été dans une école privée militaire, pour apprendre les manoeuvres militaires, pour "faire sortir l'Indienne". Elle est un mélange de quelqu'un de doux et de dur.

A quel point étiez vous au courant de cette période l'histoire américaine, quand les gangsters étaient les maîtres de la culture ?

J'ai aimé les gangsters quand j'ai commencé à regarder des films. J'aime l'idée de liberté, de liberté parfaire, que je n'attendrai jamais. Ces personnages qui expriment leur côté sombre me fascinent. Cela peut être totalement effrayant, parce que cela vous conduit à faire des choses qui sont innaceptables. Mais je pense que cette sorte de confiance est attirante. C'est ce qui est génial dans mon travail : je peux exprimer et ressentir ces choses, parce qu'elles sont vraies. D'accord, à 90% vraies.

Ca aurait pu être juste un rôle décoratif - la petite-amie - mais vous lui apportez un vrai sens de l'intégrité.

Dans les films de Michael Mann, les femmes ne sont pas juste là parce qu'il a besoin d'un amour. Dans le film, vous ressentez des choses pour Billie, parce que vous avez le temps de découvrir qui elle est, de voir qu'elle était vraiment amoureuse.

Elle n'était pas juste là pour l'argent ou l'aventure.

Absolument pas. Et quand ils l'ont attrapée, l'interrogatoire a duré 2 jours et une nuit, et ils ne l'ont pas autorisée à dormir. Mais elle n'a jamais rien dit. Pas une chose.

Cette scène a du être dure à tourner.

Oh, je suis habituée aux scènes extrêmes ! (rires)

Vous en avez fait quelques unes maintenant.

Quand j'ai fait 'La Môme', c'était très dur de revenir au normal, parce que nous avons tournés pendant 4 mois et j'étais très profondément emportée quand ca a fini. C'était assez dur de revenir à moi immédiatement.

Comment était l'ambiance entre vous et Johnny Depp ?

Je l'ai rencontré avec Michael Mann avant que l'on parte tourner le film. J'attendais avec impatience de travailler avec lui, parce qu'il est un acteur incroyable. Et j'étais vraiment impatiente de cette expérience avec Michael Mann, J'avais des étincelles pendant que je travaillais, pendant la préparation. J'étais térrifiée. C'est un vrai gentleman, une personne vraie, simple, avec qui il est facile de parler.

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