Presse - 2009 - Juin - Blackbook

Marion Cotillard

Bonjour ! Marion Cotillard (suite)

Johnny est, d'un côté, une star majeure Hollywood. Mais de l'autre côté, il vit en France, loin du culte de la célébrité. Est-ce que son style de vie vous parle ?

Je pense que quand vous êtes un acteur, et que vous racontez des histoires sur les gens, spécialement quand vous êtes aussi grand, vous devez trouver un moyen de rester normal. Et il l'est. Je pense que vous devez juste trouver un moyen de rester proche de la réalité. Vous trouvez, à l'intérieur de vous, une façon de rester proche de qui vous êtes.

Comme faites-vous ça ?

Quand vous commencez à penser à votre propre célébrité, vous avez des problèmes. Je n'ai pas de problèmes (rires). Les gens qui quittent leur route pour la perdition, parce que quelque chose est trop dur à supporte, et bien, cela vient de la peur. Et je pense que presque tout le monde a des peurs, mais la façon dont vous faites avec vos peurs, la façon dont nous tournons nos peurs en quelque chose d'autre, nous autorise à rester proche de la vie, des gens, de la réalité, de l'authenticité.

Ce qui m'a frappé dans vos rôles les plus connus, au moins jusqu'à maintenant, c'est qu'il y a une vraie force, au moins en apparence, et une vulnérabilité dans vos personnage. Quel aspect de votre personnalité ressort de ces rôles ?

J'ai toujours eu beausoin de personnages qui m'autorisaient à exprimer différentes choses, et je trouve ce genre de personnes, quelqu'un qui de fort mais aussi émotionel, très belles.

Est-ce ce que vous êtes ?

Je pense que tout le monde est ainsi. Nous vivons tous, marchons, tenons debout, aimons. Nous avons la force de faire tout cela.

Comment étiez-vous enfant ?

J'avais très très peur. Je ne savais pas comment parler aux gens et je ne savais pas comment m'exprimer. J'étais une enfant compliquée, torturée. Je ne savais pas comment partager les choses.

Pourquoi pensez-vous que vous étiez une enfant torturée ?

Trop de questions trop tôt.

A quel point êtes-vous capable d'aller de l'avant ?

Quand le désir de vivre devient plus fort que la peur, je pense que vous commencez à voir les choses différement.

Y a-t-il une part de vous qui est toujours torturée ?

Oui. C'est ténu, mais c'est là. C'est dans le lot. Je pense que chaque être humain a ce genre de lot. Même le plus heureux des hommes du monde à un côté sombre. Sans ça, il ne serait pas complet. On doit faire avec, et c'est une expérience étonnante.

Parlons un peu de 'La Môme'. J'ai été soufflé par le film, vous devez l'entendre souvent. Comment vous a-t-il changée ?

Quand vous vous abandonnez à un personnage qui était une vraie personne, vivre avec ce personnage, savoir que c'était vrai, que son histoire est vraiment arrivée, vous découvrez une sorte de force. Non pas que je sois plus confiante maintenant, bien que j'aimerais l'être.

Avez-vous appris des choses d'Edith Piaf, la façon dont elle a géré les pressions de l'énorme succés ?

Je ne partage pas sa peur d'être seule, la façon dont elle traitait la célébrité et les choses qu'elles voulaient, qui ne la comblaient jamais. Sa célébrité était très importante pour elle, mais elle cherchait chez plusieurs personnes quelque chose qui était dur à trouver : l'amour d'une autre personne pour remplacer la mère qu'elle n'a pas eu. Je ne partage pas ça avec elle.

Aimez-vous la partie glamour de votre travail ? J'ai entendu que vous avez eu une nuit plutôt drôle au Met Ball.

La célébrité vous apporte des choses drôles, parce que vous êtes amené à rencontrer des gens très intéressants et drôles.

Est-ce une grande part de votre vie maintenant : sortir avec Kate Moss jusqu'au petit matin ?

Ca a été une part de ma vie de profiter de bon temps avec des gens, et parfois avec des personnes que je viens de rencontrer. Parfois, les gens avec qui vous sortez sont des personnes dont vous connaissez le nom, dont vous recconaissez le visage, mais vous ne connaissez jamais personne avant de l'avoir recontré.

John Galliano était votre escorte au bal, et vous êtes le nouveau visage de Dior. Est-ce que vos engagement dans le monde la monde est une chose nouvelle ?

Je dois avouer que la mode est un monde que je ne connais pas vraiment. Je dois être intéressée par la mode, dans un sens, parce que c'est une grande part de la vie d'acteur. Mais je ne suis pas très douée pour parler de mode. J'aime ça, mais ce n'est pas un centre d'intêret majeur pour moi. Mais j'admire vraiment Galliano. Il est un artiste unique. Il prend toujours des risques. Sa créativité est toujours vivante. Quand j'ai rencontré des gens chez Dior, je l'ai rencontré lui. Et c'est ainsi que l'histoire a commencé.

Aviez-vous rencontré Kate avant l'autre nuit ?

Non.

Comment est-elle ?

Elle a une forte personnalité. Et elle est anglaise, et j'aime les Anglais. Et la façon dont elle donne vie aux personnes qu'elle est, et à tout ce qu'elle fait... C'est vraiment quelque chose ! Ce n'est pas juste être jolie et porter des vêtements pour elle. Donner votre personnalité comme ça à l'art de la mode est quelque chose que je ne pourrais pas faire. J'ai besoin d'avoir un personnage. C'est pourquoi quand Dior m'a appelée et m'a dit que ça allait être de petits films, et que je pourrais jouer quelqu'un, j'ai dit "Ok, ouais, c'est quelque chose que je peux faire". Je peux me cacher, un peu.

Après que vous ayez gagné l'Oscar, il y a eu une controverse sur les propos que vous avez tenus à propos de théories de conspiration pour le 11 septembre. Je suis curieux de savoir ce que ca veut dire pour vous. Je ne cherche pas de défense ou d'excuses.

Je n'ai pas à me défendre. Que pouvez-vous faire contre quelque chose qui est totalement différent de ce que vous pensez vraiment ? C'est dur de vivre avec ça, parce que je ne suis pas la personne décrite dans cette histoire ridicule. Je n'étais pas heureuse que cette histoire puisse blesser des gens. Mais je me sens désolée pour ces journalistes français, c'est un fait. Je me sens désolée pour le journalisme en général. Nous vivons dans un monde où il y a tellement d'informations, mais ce que j'ai dit a été tiré du contexte. C'est si courant pour quelqu'un qui donne des interviews de dire ca, mais un cliché devient un cliché parce que c'est vrai. Un partie de ça été drôle : quand je pensais que l'homme n'avait pas marché sur la Lune ? Les mecs, s'il vous plait ! C'et si ridicule.

Vous n'avez pas dit ça alors ?

J'ai parlé d'être fascinée par les conspirations internet, parce qu'elles sont passionantes. Et j'ai posé une question comme ça : "Est-ce que l'homme a marché sur la Lune ?", parce que les conspirations en sont là, pas parce que c'est une question à laquelle je crois.

Des regrets ?

Il n'y a pas de regrets sur ce que je pense ou ce que je dis, mais je regrette d'avoir été mise dans une telle situation, apportant de l'eau à des rivières de choses irréelles. Je n'appartiens pas à la manipulation de l'information.

Cela à du salir votre sens de la confiance

Par exemple, je faisais une interview en France, et le journaliste m'a posé des questions sur les maisons dans lesquelles j'ai vécu, et j'ai répondu que j'ai toujours vécu dans des appartements au dernier étage. Et c'est dévenu "J'ai toujours vécu en haut". C'est trop facile de devenir cette personne imbus de soi qui dit "personne n'a jamais vécu au-dessus de moi".

Parlez nous de 'Nine'. Vous chantez dans ce film, ce qui a du être un soulagement. Vous avez parlé de la difficulté que vous avez vu à synchroniser vos lèvres avec Edit Piaf.

C'était plus qu'un soulagement : c'était un rêve ! Mon rêve était d'être dans une comédie musicale américaine. Quand j'étais enfants, je connaissais toutes les chorégraphies de 'Singin' in the Rain'. Je regardais la cassette encore et encore pour tout apprendre : les chasons et les danses. Je pensais que c'était un rêve qui resterait une fantaisie, jusqu'à ce que Rob Marshall arrive. J'aime chanter et j'aime danser, mais je ne savais pas que je ne savais pas danser. Quand vous devez danser dans le style de Boradway, vous découvrez que vous ne savez pas du tout danser !

Sortez-vous danser avec votre petit ami ?

Mon petit ami est un danseur exceptionnel. Quand vous avez un très bon partenaire qui vous fait danser, et que vous savez que rien ne va arriver, c'est étonnant !

Vous venez de finir de tourner 'Le Dernier Vol' au Maroc ensemble. Est-ce dur de faire une scène avec lui ?

C'est un autre niveau de partage. C'est bizarre au début, mais ensuite vous trouvez le plaisir d'oublier que vous connaissez cette pesronne. Dans une scène particulière, je pensais qu'il était excellent. Et j'ai loupé ma réplique, bien sûr. C'est dangeureux parce que vous devez vraiment rester là, rester dans le personnage.

Quelle a été la chose la plus surprenante dans le voyage que le vie vous a donné depuis 'La Môme' ?

Chaque fois qu'un réalisateur m'appelle et veut me voir. C'est une grande joie et c'est toujours une surprise, parce que mon rêve continue, il ne s'arrête pas.

Le casting de 'Nine' est étonnant. Comment était-ce d'avoir toutes ces personnes dans une pièce, travaillant ensemble ?

On était tous très heureux de faire ce film. On cherchait tellement à rendre Rob heureux, parce qu'il est intelligent, gentil et talentueux. On était comme, vous savez, une troupe de danseurs.

De nouveaux amis de cette expérience ?

Et bien, j'aime Penélope Cruz, c'est une personne étonnant. Et Kate Hudson est une actrice terre-à-terre, facile, simple. On est des actrices, ce qui veut dire que ce n'est pas toujours ainsi.

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